«Il y a dans les JOJ des valeurs que l'école défend également»

Petit ou grand, on a déjà tous entendu cette célèbre citation du baron Pierre de Coubertin, «l’important est de participer». Elle est multifonctions: elle peut consoler, féliciter, encourager. C’est ce dernier verbe que l’on va retenir pour évoquer les liens très proches que les JOJ entretiennent avec la jeunesse du canton. À dire vrai, l’objectif est très clair: «Révéler les talents, créer des synergies et engager la jeunesse, l’ADN même de Lausanne 2020», synthétise le comité d’organisation.

Lors de la Semaine Olympique qui s’est déroulée à Lausanne du 14 au 18 octobre 2018, 1435 enfants sont venus se divertir au stand Lausanne 2020. Le reste de l’année, les écoliers vaudois participent régulièrement à l’avancement des préparatifs de l’événement, comme cela a été le cas pour une classe de Lausanne appelée à se prononcer sur un choix de cinq mascottes en cours d’élaboration. Cet esprit d’équipe se retrouve également dans les niveaux supérieurs, avec des collaborations dans les Hautes écoles (UNIL, EPFL, ECAL, Haute école de musique, ERACOM) et les associations professionnelles. 

Cesla Amarelle, conseillère d’État en charge du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC), revient sur cet engagement fondamental:

Comment est présenté le projet des JOJ dans les écoles?

Le DFJC a nommé des responsables JOJ dans tous ses services. Pour l’école obligatoire, nous avons désigné deux chargés de mission. Leur mandat a commencé il y a deux ans et la collaboration avec différents partenaires est très bien établie. La Direction générale de l’enseignement obligatoire porte cinq projets qui ont été présentés à plusieurs reprises lors de séances réunissant tous les directeurs et directrices scolaires du canton. Une application permettra d’ailleurs de recenser tous les projets menés. Outre ces projets cantonaux, chaque établissement, chaque direction sont libres de proposer des activités et je peux vous assurer que les projets sont nombreux. Ils vont de l’accueil d’élèves-athlètes de Mongolie à la vallée de Joux à l’interview d’athlètes dans les établissements. Dans le secondaire II, un appel à participation a aussi été lancé auprès de toutes les directions d’établissement.

Quel sens donnez-vous à cette compétition? 

En alliant culture et sport, en revenant aux fondamentaux de l’olympisme, les JOJ sont une occasion extraordinaire de mettre en valeur les savoir-faire de nos écoles et de faire des liens. Je me réfère par exemple aux réalisations des hautes écoles partenaires ou des écoles professionnelles. L’école obligatoire est également intégrée, avec des projets pédagogiques comme les émissions de radios qui seront diffusées lors des deux semaines de janvier et qui se préparent déjà maintenant. Mais il y a aussi les échanges linguistiques qui seront développés en Suisse à cette occasion ou encore les bibliothèques scolaires qui participent déjà au programme de découverte des Jeux Olympiques. Les projets sont nombreux et je m’en réjouis ! Il y a dans les JOJ des valeurs que l’école défend également: l’amitié, le respect et l’excellence.

Comment la collaboration avec les écoles et les Hautes écoles s’est-elle mise en place? 

De manière volontaire en fonction des besoins de l’organisation et du désir des enseignants et des directions. Certains projets sont déjà en cours. On peut citer la réalisation de l’identité visuelle par l’ERACOM ou la construction de la Vasque olympique entre l’École de la construction et l’ECAL. D’autres projets sont à l’étude, notamment un concours d’idée pour la «face B» des médailles ou la fourniture de services par les apprentis lors des jeux (COFOP, EPM ou autres). En outre, toutes les écoles du secondaire II du canton ont reçu deux dossiers pédagogiques: «Champion dans la tête. J’entraîne mon mental» et «Ange ou démon? Le choix du fair-play». Ces dossiers ont été proposés aux autres cantons romands et le canton de Berne a par exemple décidé de la transmettre à ses écoles, y compris dans la partie alémanique.

Les écoliers suivront-ils l’exemple des JOJ d’été à Buenos Aires en se rendant sur les différents sites de compétition?

En Argentine, ce sont 200000 jeunes élèves qui s’y sont rendus, avec toute une préparation pédagogique. Notre situation ne permettra sans doute pas des chiffres comparables mais notre ambiton est là! Nous voulons que les jeunes puissent vivre ces jeux dans les meilleurs conditions possibles. Mais la question des frais de transport et donc de la participation des écoliers et élèves vaudois n’a pas encore été traitée, à la suite de l’arrêté du Tribunal fédéral limitant le financement par les parents des activités scolaires.

Le sport est important, mais dans les faits, il reste moins valorisé à l’école que les maths ou le français... Des périodes d’éducation physique sont établies à la grille horaire des écoles obligatoires et du secondaire II, à laquelle s’ajoutent les camps de ski et autres joutes. Les JOJ permettront également de donner une couleur spéciale et une motivation aux activités sportives développées dans ce cadre. Nous signalons également l’effort que fait notre département pour développer des structures de sport en partenariat avec le Département de l’économie, de l’innovation et du sport. Une structure dédiée aux sports d’hiver pourrait même voir le jour, en profitant de l’effet JOJ.

Sur le plan personnel, quel est votre plus beau souvenir sportif? 

Je me souviens à la fois des émotions difficiles à la télévision lorsque par exemple la jeune Mujinga Kambundji lâche son témoin dès la sortie des starting-blocks, aux Européens de Zurich en 2014, alors que le 4x100 m féminin suisse pouvait viser le podium. Et en même temps, il y a la fierté, la joie toute simple de voir ma fille en compétition sur un tatami de judo. Le sport véhicule de belles valeurs et des émotions simples. J’espère que les élèves et les jeunes Vaudoises et Vaudois pourront en profiter pleinement aux JOJ 2020.

Photo: ©ARC Jean-Bernard Sieber

Interview paru dans la FAO, dans le cadre d'un hors série sur Lausanne 2020