"Délivrer des JOJ 5 étoiles"

Steve, tu étais le « Young Change Maker » suisse aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires. En quoi consistait ce rôle et quelles ont été tes activités principales à BA ?

Steve Dreyfus (SD), « Young Change Maker » des Jeux Olympiques de la Jeunesse : J’ai eu la chance d’être nommé par Swiss Olympic pour endosser ce rôle pour la délégation suisse là-bas. Nous étions en tout 79 Young Change Makers, un par pays. Le principe de ce programme organisé par le CIO est d’accompagner les jeunes athlètes afin qu’ils retirent un maximum d’expériences positives de leur passage aux Jeux Olympiques de la Jeunesse. Nous vivons de très près leur quotidien. Nous avons aussi une vue d’ensemble de l’organisation des JOJ, en comprenant notamment l’importance des différents acteurs sur place et en visitant les coulisses. Comme Young Change Maker au sein d’une délégation, nous devons faire comprendre aux athlètes que les JOJ vont au-delà du simple concept de performance. Que cette expérience, peut-être unique dans une vie, leur permet de tisser des liens forts entre sportifs d’élite, de partager des émotions et de s’imprégner ensemble de la culture d’un pays. Nous sommes proches d’eux et tissons de solides relations. Nous organisons des activités, nous les soutenons et sommes là s’ils ont besoin de nous !

Quel est ton sentiment sur les jeunes athlètes que tu as côtoyés à Buenos Aires ? Quelles sont leurs aspirations et de quelle manière, selon toi, cette participation aux JOJ peut-elle les aider à s'épanouir ?
SD : Ce qui m’a le plus marqué chez eux, c’est leur décontraction et leur sérénité. Certains ne se mettent que très tard dans leur bulle et voient ces Jeux comme… un jeu justement. Le changement se fait quand ils approchent du début de l’épreuve. Je pense que dans un certain sens, cette sorte d’insouciance les préserve et leur permet de ne pas ressentir ce stress induit par la présence des centaines de milliers de spectateurs qu’il y a eu ici et des caméras de télévision. Cela leur donne l’occasion de livrer une bonne performance. Pour moi, à ce stade, peu sont uniquement orientés sur la performance qui impliquerait une alimentation spécifique, un mental de sportif de haut niveau ou encore une discipline extrêmement stricte. Les JOJ leur montrent justement la voie à suivre pour atteindre ce niveau. L’aspect éducatif sert notamment à cela: les activités interactives proposées par le CIO traitent de sujets tels que le dopage, le harcèlement sexuel dans le sport, la manipulation des compétitions, mais aussi l’amélioration de la performance et la gestion de carrière qui sont traités de manière ludique.

L'une des ambitions des JOJ est de continuer à diffuser les valeurs positives du sport via les athlètes, après leur retour au pays dans leurs communautés. Comment cela se passe-t-il ?
SD : Il ne faut dans ce cadre pas sous-estimer les réseaux sociaux. Un thème d’ailleurs très important pour un athlète aujourd’hui est la gestion de son image. Ces jeunes passent beaucoup de temps sur les réseaux et communiquent beaucoup sur leur quotidien aux Jeux, même après leur retour. En ayant été sélectionnés pour Buenos Aires, ils sont régulièrement cités en exemple dans leurs domaines respectifs. Beaucoup ont déjà réalisés des interviews, par exemple.  Je suis intimement convaincu que l’expérience vécue à Buenos Aires transforme un jeune qui a entre 15 et 18 ans. Une accréditation avec les anneaux Olympiques, les contrôles de sécurité avant l’entrée au village, les escortes policières pour se rendre sur les lieux de compétitions, la vie dans le village et bien sûr la cérémonie d’ouverture sont des éléments qui sont hors normes et qui marquent. Le jeune voudra évidemment en parler à son retour, et c’est là que cette diffusion mondiale des valeurs se joue.

Quel impact penses-tu que des Jeux à l'ADN helvétique, en 2020, pourront avoir pour les athlètes et les jeunes spectateurs ?
SD : Les JOJ peuvent mobiliser les gens. Il y a eu plus d’un million de spectateurs à Buenos Aires. Je me réjouis tellement de les voir « chez nous ». Je serai d’ailleurs responsable de l’organisation de la compétition de hockey sur glace. J’aime Lausanne et le sport depuis toujours.  Un symbole de la Suisse est la montre. Et dans une montre chaque pièce est essentielle. L’aspect extérieur est primordial, mais l’intérieur, le cœur donc, est encore plus important. Les infrastructures ici sont géniales, les gens très professionnels, impliqués et sérieux. La ponctualité suisse, le souci du détail et cette rigueur helvétique permettront de délivrer, je suis certain, des JOJ 5 étoiles. Nous avons tout pour bien faire.

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