Mattéo Baud et les JOJ à domicile en combiné nordique

À 17 ans, Mattéo Baud fait partie des plus grands espoirs du combiné nordique français. Il devrait défendre ses chances aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Lausanne 2020 dans un contexte très particulier, puisque les compétitions auront lieu "chez lui", au stade Jason Lamy-Chappuis des Tuffes à Prémanon dans le Jura français.

Comment as-tu commencé le combiné nordique ?

Je pratique mon sport depuis le plus jeune âge, j'ai dû attaquer à cinq ou six ans. Mon père Frédéric Baud faisait du combiné nordique au plus haut niveau, il a participé aux Jeux Olympiques de Salt Lake City en 2002 et j'ai donc tout de suite été dans le bain. Il m'a très rapidement fait essayer le saut à ski. Au début, j'ai testé beaucoup de sports différents, mais c'est le saut qui m'a accroché, j'y ai pris beaucoup de plaisir et ça a vite été une passion pour moi. C'est pour cette raison que je me suis dirigé vers le combiné nordique.

Quelle a été ta progression ?

La difficulté, c'est de combiner le saut et le ski de fond, mais comme j'ai aussi fait beaucoup de courses à ski, je me suis tout de suite senti à l'aise après le saut. L'association des deux m'a tout de suite plu. Au début, on fait ça pour le plaisir, je ne pensais pas à réaliser des performances, mais on est compétiteur et j'aimais vraiment ce que je faisais. On commence par évoluer sur des petits tremplins, on est entre copains et on s'amuse plus qu'autre chose. Puis on démarre les compétitions internationales par classes d'âge, et lorsque je suis arrivé troisième-quatrième, je me suis rendu compte que cela commençait à devenir un peu plus sérieux. On franchit les étapes une à une et on peut commencer à croire à une carrière sportive. Cet été, sur le circuit européen (Alpen Cup) où on court jusqu'à l'âge de 19 ans, j'ai fait deux podiums, et lors de la "FIS Youth Cup" à Oberhof, je me suis imposé.

Mattéo Baud / © SANTINA RAU

Que représentent pour toi les Jeux Olympiques de la Jeunesse ?

Les JOJ pour moi, c'est un événement olympique, donc ça représente énormément de choses. Y participer, c'est comme un rêve qui se réalise, c'est une super belle compétition, et la disputer "à la maison", c'est carrément incroyable, c'est une chance. L'hiver dernier, on a disputé la Coupe de France sur le tremplin des Tuffes, et cet été, on a fait nos entraînements sur la version "plastifiée". On connaît bien le tremplin, on connaît bien le site, cela fait un moment que l'on s'entraîne également sur la piste de ski de fond. C'est super d'avoir les JOJ à Prémanon, c'est encore plus beau.

Concourir à domicile, c'est un avantage ?

Oui et non. Des fois, on arrive sur des tremplins que l'on ne connaît pas du tout et cela marche super bien, or des fois, on connaît le site et on ne réussit pas. Le saut, c'est un peu spécial. Mais il n'y a pas de question à se poser. Il est certain qu'en connaissant le site, on a moins d'a priori, on sait qu'on n’a pas besoin de faire de reconnaissance de la piste de ski de fond, on connaît très bien les virages, le dénivelé, bref on est un peu plus sûrs de nous.

Qui sont tes principaux rivaux ?

Dans ma classe d'âge, il y a quelques spécialistes de très haut niveau, je pense notamment au Finlandais Waltteri Karhumaa : lors de la Youth Cup à Oberhof fin août dernier, il y a eu deux courses, j'ai gagné la première, et il m'a battu au sprint dans la deuxième. Je pense que c'est un très bon concurrent. Il y a aussi les Allemands, comme Jan Andersen et Lenard Kersting, qui ont été très vite sur l'Alpen Cup. Lenard Kersting, je finis une fois devant lui, une fois derrière lui. Le niveau est assez élevé et c'est ouvert. Ce sont les concurrents que je vais affronter aux JOJ de Lausanne, avec en plus les Japonais et les Nord-Américains ! Ça va être, je pense, une très belle compétition.

© OPA / Romina Egger

Comment vois-tu la suite de ta carrière ?

Je compte bien tout mettre en place pour continuer ma carrière sportive le plus loin possible, si possible m'aligner en Coupe continentale dès cet hiver pour à terme atteindre mon but qui est de disputer la Coupe du monde et bien sûr les Jeux Olympiques. Beijing 2022, c'est un objectif pour moi, en fonction de ma progression : si tout se passe bien, il y aura peut-être moyen, mais il faut se concentrer sur soi-même et gravir les échelons un à un.

As-tu des modèles ?

Oui. Il y a les coureurs de l'équipe de France, Antoine Gérard et Laurent Muhlethaler, qui sont déjà de bons modèles à suivre. Nous avons fait quelques stages ensemble, et on voit très bien ce qu'il faut faire pour aller plus haut. On voit leur niveau en saut et en ski et on comprend tout ce qui reste à faire. Et puis bien sûr, il y a Jason Lamy-Chappuis, il est l'idole de toute mon enfance, je regardais ses courses depuis tout petit à la télé, sa victoire à Vancouver en 2010 m'avait mis des étoiles plein les yeux, j'ai dû visionner toutes ses courses, Coupes du monde, Championnats du monde, tout. Il m'a beaucoup inspiré. Une grande source de motivation.

Quel est ton programme d'ici au mois de janvier prochain ?

Le programme jusqu'aux JOJ est très chargé. Il y a toutes les épreuves de l'Alpen Cup, plus le circuit national qui va s'ajouter : je vais prendre les courses comme elles viennent, essayer de bien me reposer et tout faire pour arriver en forme et répondre présent aux JOJ à Prémanon en janvier prochain.

Pour son entraîneur Samuel Guy, Mattéo Baud est clairement le leader en équipe de France dans sa classe d'âge. "Nous avons un parcours un peu similaire, mon père Fabrice Guy a été champion olympique en 1992 à Albertville et pour ma part, j'ai un peu buté sur mon objectif qui était d'aller en Coupe du monde et de participer aux Jeux. Donc j'espère qu'il prendra quelques informations de mon côté, il y a des erreurs qu'il ne faut pas commettre, il faut faire la part des choses entre l'environnement familial et l'entraîneur, il fait avoir une ligne directrice et s'y tenir. Avoir un père qui a évolué au plus haut niveau, cela met une pression supplémentaire, il faut savoir la gérer pour qu'il n'y ait pas de blocages ou de freins. Mattéo devra être attentif aux perches que je lui tendrai pour éviter les erreurs".




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